lundi 17 mars 2008

Le film hommage aux poilus réalisé par l'ECPAD

Voici un extrait du film hommage aux poilus présenté cette après midi aux Invalides lors de la cérémonie d’hommage à Lazar Ponticelli, le dernier poilu décédé mercredi 12 mars 2008,et à tous les combattants de la Grande Guerre. La version intégrale de ce film réalisé par l’ECPAD (l’Etablissement de la communication et de la production audiovisuelle de la Défense) dure 13 min. Ce documentaire hommage repose sur des images d’archives détenues par l’ECPAD et en grande partie inédites.


Les funérailles de Lazar Ponticelli, le dernier combattant de la guerre de 14-18 décédé à l'âge de 110 ans, ont permis également de rendre un hommage solennel aux quelque 8,5 millions de poilus.

Cette journée d’hommage s’est organisée autour de trois cérémonies. Deux ont été consacrée en fin de matinée avec les obsèques religieuses et les honneurs militaires en l'église Saint-Louis des Invalides, puis dans la cour d'honneur de l'hôtel des Invalides. À cette occasion, l'académicien Max Gallo a prononcé l'éloge funèbre après la lecture d'une lettre par un lycéen. L'ensemble des administrations publiques ont respecté une minute de silence. Les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments et édifices publics. Le dernier poilu a ensuite été inhumé dans l'intimité, dans le caveau familial de d’Ivry-sur-Seine.

Dans l’après midi, une dernière cérémonie s’est déroulée dans la cour du dôme de l'hôtel national des Invalides. Le Président de la République Nicolas Sarkozy a déposé une gerbe devant une toute nouvelle plaque réalisée en l'honneur de l'ensemble des combattants de la Grande Guerre sur laquelle est inscrit la dédicace suivante :

«Alors que disparaît le dernier combattant français de la Première Guerre mondiale, la nation témoigne sa reconnaissance envers ceux qui ont servi sous ces drapeaux en 1914-1918. La France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans l'histoire comme les poilus de la Grande Guerre.»

Le chef de l'État a terminé par une allocution à l'extérieur du bâtiment en présence de l'ensemble du gouvernement.

dimanche 16 mars 2008

Quelle est la différence entre Hillary Clinton et Barack Obama ?

Quelle est la différence entre les démocrates Hillary Clinton et Barack Obama ?

La réponse du camp Obama est claire. Le sénateur de l’Illinois se présente aux élections pour servir l'Amérique et les Américains, alors que l’ancienne First Lady mène campagne au nom de ses ambitions personnelles.


Will I Am On Barack Obama Song

samedi 15 mars 2008

GAP By Audrey Hepburn


Séquence extraite du film "Funny Face" (1956)

vendredi 14 mars 2008

D. G. Rossetti, Ecce Ancilla Domini (1850)

Dante Gabriel Rossetti, Ecce Ancilla Domini, 1850, 73 x 41,9 cm, Tate Gallery, London.


Cette Annonciation de Rossetti m’interpelle. Expression du visage, attitude naturelle pour un événement extraordinaire, la représentation toute humaine de Marie subjugue la toile & ne laisse pas indifférent son contempleur…

Si le tableau s’inscrit dans une longue tradition iconographique apparue à la Renaissance, l’artiste prend quelques distances avec la représentation traditionnelle de la visite de l’archange Gabriel à la Vierge Marie, au point de scandaliser ses contemporains.

Retour sur l’histoire d’un tableau et présentation de quelques clés de lecture.

Rossetti, peintre préraphaélite

Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) est un peintre et poète anglais, né à Londres. Il étudie à l’Académie royale de Londres où il rencontre Holman Hunt et John Everett Millais. Ensemble, ils fondent en 1848, en réaction à la peinture académique, la Confrérie préraphaélite. L’année suivante, Rossetti expose L’enfance de la Vierge et apparaît comme le chef de file d’une nouvelle peinture où l’esthétique exprime un état d’esprit. Dès 1852, il s’éloigne de la confrérie et peint des œuvres inspirées par les légendes médiévales dans un style où la perfection du dessin s’associe parfois à des couleurs criardes d’une sensiblerie affectée.

Rossetti participe donc à l’un des nombreux courants artistiques du XIXe siècle (nazaréens, préraphaélisme, romantisme, orientalisme, réalisme…). Les préraphaélites jouent un rôle important dans l’art religieux auquel ils ont consacré une grande partie de leur production, sans limiter ce mouvement à cet unique aspect religieux. D’ailleurs, l’évolution du préraphaélisme demeure complexe.

L’origine du mot préraphaélite est attribuée à Holman Hunt qui critique les formes utilisées par Raphaël dans sa Transfiguration. L’Académie fut scandalisée par la critique d’un peintre qu’elle considère comme un modèle universel et Hunt appela préraphaélite sa recherche picturale et celle de ses amis. L’idéal pictural serait de retrouver l’art d’avant Raphaël.

D.G. Rossetti est plus le plus religieux des préraphaélites. Sa sensibilité mystique trouve dans les recherches du groupe un moyen pour peindre sa foi. En 1849, il achève L’enfance de la Vierge. Il s’agit de la première peinture préraphaélite qui doit être présentée à l’exposition de l’Académie royale. Craignant un refus, l’artiste expose sa toile à la galerie de Hyde Park qui ouvre ses portes cinq jours avant. Le tableau, signé pour la première fois PRB (Pre-Raphaelite Brotherhood), scandalise par son décor. Un paysage est introduit par le biais d’une fausse fenêtre et un personnage cueille des fruits sur un arbre. La scène est insolite malgré tous les symboles : la colombe, le lys et l’ange dont les ailes rouges ont pu choquer.

Ecce Ancilla Domini

Ecce Ancilla Domini (« voici la servante du Seigneur ») est réalisé en 1850 avec d’autres œuvres religieuses du mouvement préraphaélite, toutes véritable tentative d’innovation picturale et religieuse. Ce nouveau tableau de Rossetti, ainsi que Le Christ dans sa maison de ses parents ou la boutique du charpentier de Millais, Les prêtres chrétiens chassés par les persécutions des druides de Hunt et Le Renonciation d’Elisabeth de Hongrie de Collinson, soulèvent une vraie tempête à l’Académie royale. L’Angleterre semble rebelle à l’art sacré, délaissé depuis la Réforme protestante, et demeure méfiante envers une peinture religieuse qui s’associe mal à son puritanisme. L’Académie royale ne comprend pas ces tableaux peints sans respecter les techniques propres aux classiques : couleurs vives, géométrie des formes accentuées, paysages recomposés dont la lumière semble artificielle, fausses perspectives chères aux primitifs italiens…

Paradoxalement, les œuvres qui provoquent les plus vives polémiques, Ecce Ancilla Domini renommée Annonciation, L’enfance de la Vierge, et La Boutique du charpentier sont diffusés en Europe à des milliers d’exemplaires tout au long du siècle.

Ecce Ancilla Domini a choqué ses contemporains par la façon de présenter l’annonciation et par la technique picturale. La structure médiévale et la construction inhabituelle de la perspective s’opposent à l’enseignement académique. La composition traditionnelle est déséquilibrée et met en scène un ange dominateur qui occupe presque la moitié de l’œuvre. Cet ange porte un message qui effraie littéralement une Marie frébile.

- Mouvement de recul, fixité du regard dans le vide exprime le trouble de la Vierge Marie

- l’ange tient dans les mains une tige de lys : cette fleur est le symbole de la pureté virginale de Marie, mais l’iconographie de l’Annonciation en a fait l’un des attributs caractéristiques de l’archange Gabriel

- S’écartant d’une longue tradition iconographique, Rossetti représente l’archange Gabriel sans ailes, et lui ajoute une innovation intéressante : des flammes sous les pieds

- Toujours, selon la tradition iconographique, la colombe de l’Esprit saint qui « étend son ombre » sur la Vierge Marie, accompagne l’archange dans sa mission

Dans cette œuvre, Rossetti crée d’une certaine manière un nouveau modèle pour la Vierge, emprunt de modernité : la mince silhouette craintive et le visage mystérieux et pénétrant d’intensité représentent peut-être l’inquiétude du siècle. Cela explique peut-être le succès populaire de l’œuvre les années suivantes.

Toutefois, il faut noter un élément au premier plan à droite pour mieux comprendre le tableau : une sorte de manteau rouge posé verticalement sur une planche de bois accompagné d’une fleur de lys inversée, avec des ramifications rampantes en forme d’épines. Une référence au funeste présage de la Passion et en particulier l’épisode appelé Ecce Homo, où le Christ humilié, porte un manteau rouge et une couronne d’épines.

Que faut-il comprendre ? L’artiste veut souligner le lien direct qui existe entre deux épisodes pourtant séparés de plusieurs décennies : l’Annonciation et la Passion du Christ. Ici, il n’y a pas de sérénité, c’est le doute et le flou que ravage une Marie perplexe. Veut-elle vraiment être à l’origine de tant de souffrance ? Et c’est bien Elle au final, la servante du Seigneur, comme le rappelle le titre.

Bibliographie

- L. DES CARS, Les préraphaélites. Un modernisme à l’anglaise, Paris, Gallimard, coll. Découvertes Gallimard, 1999, 128 p.

- R. GIORGI, Anges et démons, Paris, Hasan, coll. Guide des arts, 2004, 384 p.

- M. RAPOPORT (dir), Culture et religion. Europe – XIXe siècle, Paris, Atlande, coll. Clefs concours, 2002, 767 p.

mercredi 12 mars 2008

The Man In The Arena (John McCain)

Voici le premier clip officiel du candidat républicain aux élections de novembre 2008. John McCain y défend le maintien des troupes américaines en Irak. Il inscrit son action dans la tradition de résistance à l’oppression incarnée par Winston Churchill, digne de la figure du citoyen responsable défini par Theodore Roosevelt dans ce discours The Man In The Arena du 23 avril 1910 prononcé à la Sorbonne.


The Time Has Come (Le moment est venu)

« Nous nous battrons sur les plages… dans les champs…
Nous nous battrons sur le champ de bataille… dans les rues, et sur les collines…
Nous ne nous rendrons jamais !
» W. Churchill

« Gardez la foi, gardez courage, restez unis, soyez forts.
Ne faiblissez pas ! Ne flanchez pas !
Levez vous ! Nous sommes Américains !
Les Américains ne se rendront jamais !
Ce sont eux qui se rendront !
» John McCain

For A Man In The Arena (Pour un homme sur le terrain)

« De mon cœur, de toute mon âme,
je jure de faire tout ce qui est en mon pouvoir,
de mettre tout mon courage, ma sagesse et ma force à votre service…
Jamais un combat n’a été aussi important que celui que nous menons…
» Theodore Roosevelt

Ready (Prêt)

« Je sais qui je suis et ce que je veux,
et je ne cours pas après le pouvoir.
Je dois à l’Amérique plus ce qu’on ne lui a jamais du.
» John McCain

(traduction Laurence Haïm, pour Canal+ La Matinale Duplex du 11 mars 2008)

« Ne cédez jamais,
Ne cédez jamais, jamais, jamais, jamais,
Au grand jamais, en rien de grand ou de petit, important et dérisoire.
Ne cédez jamais, sauf face à l’honneur et au bon sens.
Ne cédez jamais à la force
Ne cédez jamais à l’apparente puissance écrasante de l’ennemi
» W. Churchill

More Than Aspiration : Leadership (Plus qu’une aspiration, une conduite)

« J’ai parcouru notre pays depuis plusieurs années (…)
Je suis fier de ce privilège
Ne me demandez pas ce que nous devons faire
Ne me demandez pas un pays plus fort dans un monde apaisé.
Nous pouvons, nous devons,
Et je représente ce que nous ferons
» John McCain

(traduction personnelle)

Discours cités (dans l’ordre du clip) :
- Winston Churchill We Shall Fight On The Beach (discours prononcé à la Chambre des Communes, 4 juin 1940)
- Theodore Roosevelt Citizenship In A Republic : The Man In The Arena (discours prononcé à la Sorbonne (Paris), 23 avril 1910)
- Winston Churchill Never Give In, Never, Never, Never (discours prononcé à la Harrow School, 29 octobre 1941).

Les allusions aux primaires démocrates fratricides résonnent particulièrement dans ce clip. La dernière phrase de McCain « Je dois à l’Amérique plus ce qu’on ne lui a jamais du » place l’impétrant dans sa stature de futur Président des Etats-Unis et souligne ses capacités à gouverner l’Etat fédéral. Elle fait échos à la conclusion du discours d’investiture de John F. Kennedy (20 janvier 1961) : « Voilà pourquoi mes chers compatriotes, ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays. »




From Matthew Santos To Barack Obama

Les primaires démocrates de 2008 tendent à ressembler aux primaires démocrates de l'excellente série télévisée The West Wing (A la Maison Blanche). Cette série américaine, créée par Aaron Sorkin et diffusée entre le 22 septembre 1999 et le 14 mai 2006 sur le réseau NBC, est composée de 155 épisodes de 42 min. (soit 7 saisons).

The West Wing raconte la vie quotidienne du président démocrate Josiah Bartlet (Martin Sheen) et de son équipe de collaborateurs les plus proches installés dans l'aile l'ouest (The West Wing) de la Maison Blanche qui abrite le salon ovale.

Sorte de petit traité politique, la série permet ainsi une solide initiation à la vie politique américaine (constitution, système partisan…) ainsi qu’une découverte des grands débats traversant la société américaine (racisme, éducation, avortement, santé, vente libre des armes…).

Voici une vidéo réalisée par le magazine Slate montrant les liens entre la série The West Wing et les primaires 2008.





Aaron Sorkin a également écrit le scénario de La guerre selon Charlie Wilson (Charlie Wilson’s War) (2006) réalisé par Mike Nichols, avec Tom Hanks et Julia Roberts.