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mercredi 21 mai 2008

Hillary Clinton : la fin d'un rêve par Charlotte Lepri

Par Charlotte Lepri, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). (IRIS, 13 mai 2008)

Depuis plusieurs jours aux Etats-Unis, une question est omniprésente : quand Hillary Clinton va-t-elle enfin admettre sa défaite et mettre fin à ces interminables primaires démocrates ?

Depuis plusieurs semaines déjà, le vent semble plus favorable à son concurrent Barack Obama, qui a réellement su créer la surprise en devenant rapidement un candidat crédible à la présidence des Etats-Unis face à une Hillary Clinton qui s’y préparait depuis plusieurs années et qui partait largement favorite. Aujourd’hui, peu nombreux sont ceux qui imaginent encore qu’Hillary puisse s’imposer dans la course à l’investiture démocrate.

Retour sur l’occasion manquée.

Accéder à la présidence des Etats-Unis est une ambition de longue date chez Hillary Clinton. Lorsque son mari devint Président, elle voulut s’investir activement au point de faire de l’ombre au Vice-Président, Al Gore. Toutefois, son échec de réforme du système de santé l’a conduite à plus de mesure dans son rôle de Première Dame. Sa candidature pour le Sénat dans l’Etat de New York fut une première étape pour s’imposer personnellement et se faire un « prénom » en politique. Ses deux mandats de sénatrice de l’Etat de New York, sa présence sur de nombreux dossiers importants (santé, éducation, puis plus tard, lorsque ses ambitions se feront de plus en plus présentes, environnement, défense et sécurité nationale), et son investissement personnel lui ont permis de devenir une personnalité incontournable du parti Démocrate ces dernières années.

La méthode d’Hillary est la même depuis des années : faire en sorte que sa candidature à la présidence des Etats-Unis, comme celle au Sénat auparavant, apparaisse comme une évidence aux yeux du parti, et des Américains.

Forte de son charisme, de son expérience, de sa capacité à lever des fonds et de son travail acharné, elle a su séduire les membres les plus influents du parti démocrate et se forger un réseau indispensable pour mener campagne.

De fait, lorsqu’elle se lança dans la course à l’investiture, Hillary considérait comme pratiquement acquise sa nomination comme candidate du parti démocrate. Elle avait d’ailleurs un nombre incroyable d’avantages dans cette course : elle était déjà connue du grand public, avait occupé des fonctions importantes, avait la machine du parti démocrate derrière elle pour la soutenir et était très préparée. Mais ces avantages se sont peu à peu évanouis, avec la percée d’un Barack Obama peu connu du grand public mais terriblement efficace. Il a en effet réussi à soulever une véritable dynamique populaire autour de sa candidature. Hillary a certes commis des erreurs durant sa campagne, mais elle s’est surtout trouvée face à un adversaire remarquable. Jeune, métis, éloquent, charismatique, atypique, Barack Obama s’est immiscé dans une partie qui semblait jouée d’avance. Dès lors, Hillary a dû changer de tactique, revoir son plan de campagne, gauchisant son discours et se préparant à une campagne plus dure et plus agressive que prévue.

Parmi les erreurs commises, Hillary Clinton a tout d’abord mal jaugé l’atmosphère de la campagne des Primaires. Selon un article du Time (1) , le thème majeur de la campagne a porté sur le changement, alors qu’Hillary Clinton a tout misé sur son expérience, son parcours à la Maison Blanche et son nom, au point d’apparaître comme une candidate « sortante » qui défendait un bilan. Ainsi, elle a dès le début de la campagne orienté son discours vers le centre, se positionnant pour l’élection générale de novembre.

En outre, Hillary a mal géré son staff de campagne, favorisant des conseillers loyaux et fidèles, tels que Mark Penn ou Patti Solis Doyle, plutôt que de vrais stratèges. Les démissions successives dans l’équipe de campagne d’Hillary Clinton a mis en lumière une certaine fébrilité au fur et à mesure que Barack Obama gagnait du terrain.

La percée de Barack Obama a elle-même était largement sous-estimée. Depuis le début, les membres de l’équipe de Clinton ont refusé de voir chez Obama autre chose qu’un engouement momentané. L’année 2008 devait être l’année d’Hillary. Elle s’y préparait depuis si longtemps que les victoires successives d’Obama ont été attribuées non pas à son mérite mais à son métissage (2) ou à la bienveillance des médias à son égard. C’est pourquoi Hillary n’a pris en considération la possible longueur de la campagne que très (trop ?) tardivement : elle pensait mettre très vite Obama hors jeu. Face à la persistance du phénomène Obama, l’équipe de Clinton s’est montrée plus agressive, cherchant à lancer de nombreuses polémiques sur le sénateur de l’Illinois telles que la question raciale, la polémique autour du Pasteur Wright, les dénonciations de plagiat, ainsi que les critiques répétées sur le manque expérience et l’élitisme d’Obama. Au final, Barack Obama a plutôt bien résisté aux nombreuses charges contre lui, ce qui mit en valeur sa capacité à dépasser les polémiques.

Au niveau financier, Hillary Clinton s’est largement appuyée sur la vieille méthode de collecte de fonds. L’argent étant le nerf de la guerre, Hillary a depuis au moins deux ans démarré son opération de collecte de fonds, organisant de nombreux dîners restreints avec les contributeurs les plus généreux du parti démocrate. Elle a favorisé les gros contributeurs (limités à 2300$) mais a oublié de financer sa campagne par le biais d’Internet, comme l’a fait Barack Obama, qui s’est retrouvé avec un véritable trésor de guerre grâce aux nombreuses petites donations de la part de particuliers. En outre, sa stratégie de collecte de fonds a été en parfait décalage avec l’atmosphère de la campagne, puisque Hillary, n’ayant pas anticipé la lutte acharnée avec son concurrent, avait choisi de privilégier des collectes de fonds pour l’élection générale.

Enfin, la personnalité même d’Hillary Clinton est devenu un obstacle dans la campagne : ce qu’Hillary redoute par dessus tout, c’est d’être perçue comme une « girouette ». « Elle ne veut rien faire ou dire qui puisse aller à l’encontre de l’idée qu’elle est sans faiblesse, et qu’elle agit toujours par conviction » (3) . Refusant de reconnaître ses erreurs pour ne pas donner une impression de faiblesse et de manque de détermination dont pourraient rapidement se servir ses adversaires, elle est passée maître dans la réécriture de sa propre histoire, comme en témoignent la justification de son vote pour la Guerre en Irak en 2002 ou de sa visite dans les Balkans lorsqu’elle était Première Dame.

Une page reste encore à écrire dans ces fascinantes élections primaires : dans quelles conditions Hillary va-t-elle négocier son retrait de la course à l’investiture ? Plusieurs scénarios semblent aujourd’hui envisageables.

Le plus souhaitable pour le camp démocrate serait qu’elle renonce rapidement à prolonger la campagne et se range derrière Barack Obama. Un tel scénario pourrait avoir lieu après les Primaires en Virginie occidentale, Etat dans lequel Hillary Clinton est en tête dans les sondages et a toutes les chances de l’emporter, ce qui lui permettrait de se retirer honorablement après une victoire.

Un scénario plus problématique serait de voir Hillary continuer sa campagne tant qu’elle n’est pas sûre d’avoir perdu. Cela conduirait le camp démocrate à poursuivre la campagne jusqu’à la Convention nationale du parti en août prochain à Denver. Dans cette optique, Hillary pourrait continuer à faire pression pour que les primaires en Floride et au Michigan, Etats où elle a l’avantage, soit comptabilisées, et à mettre en avant le fait qu’elle est la meilleure chance pour le parti démocrate de battre John McCain en novembre.

Un troisième scénario serait l’abandon d’Hillary faute d’argent. Elle est déjà en train de s’endetter personnellement pour continuer sa campagne.

Un dernier scénario serait une fin de campagne programmée pour juin (échéance d’ailleurs fixée par Howard Dean, le Président du parti démocrate). Si Hillary a officiellement décidé de « rester jusqu’à ce qu’il y ait un nominé », le mouvement actuel des super-délégués vers Obama pourrait accélérer son retrait de la course.

Une dernière question reste en suspens : Hillary Clinton sera-t-elle tenue comme responsable de l’échec des Démocrates si John McCain l’emporte en novembre prochain ?

1 Karen Tumulty, “The Five mistakes Clinton made”, Time, 8 mai 2008, http://www.time.com/time/politics/article/0,8599,1738331,00.html

2 Voir la polémique suite aux propos de Geraldine Ferraro, proche conseillère d’Hillary Clinton : " Si Obama était un blanc, il ne serait pas dans cette position ".

3 Interview d’un conseiller d’Hillary Clinton citée par Jeff Gerth et Don Van Natta, Hillary Clinton, Histoire d’une ambition, JC Lattès, p. 429.


Source : http://www.iris-france.org/Tribunes-2008-05-13a.php3

mardi 6 mai 2008

Et si tout se jouait en Indiana ? par Charlotte Lepri

Par Charlotte Lepri, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) - IRIS, 5 mai 2008.

Ce sont des primaires hors normes.

Depuis plusieurs mois, chaque primaire dans le moindre Etat de l’Amérique est scrutée avec la plus grande attention. A chaque fois, le moment est présenté comme décisif.

Après la Pennsylvanie, c’est au tour de l’Indiana de focaliser toutes les attentions et tous les regards dans ces interminables primaires démocrates. Moment furtif de gloire pour ces Etats qui habituellement avaient très peu de poids dans les primaires, et qui venaient souvent confirmer la tendance définie par les premiers Etats votant, tels que l’Iowa ou le New Hampshire. En effet, les Primaires n’ont jamais été faites pour choisir jusqu’au bout le futur candidat. Habituellement, l’issue est connue dès le début du printemps. Les Primaires sont avant tout un moyen de tester la popularité des différents candidats, leur capacité à mener une campagne et à incarner le rôle de Président. Au fur et à mesure, les candidats les moins populaires sont amenés à se retirer, et choisissent pour la plupart de rallier un autre candidat. Généralement, deux ou trois défaites successives suffisent à briser la dynamique d'un candidat et deux ou trois victoires décisives permettent de faire émerger le futur représentant du parti à l’élection.

De même, les Conventions nationales des deux partis, qui cette année se tiendront fin août pour les Démocrates et début septembre pour les Républicains, ont pour principaux objectifs d'approuver le programme politique du parti et d'accepter le choix du candidat et de son colistier. Ce sont avant tout des grandes messes politiques, qui ne sont pas faites pour choisir le candidat.

Si ces primaires sont hors normes, elles ne sont pas non plus tout à fait exceptionnelles. A d’autres périodes de l’histoire américaine, la bataille des primaires a été rude entre les candidats.

En 1964, le parti Républicain était déchiré entre conservateurs et modérés. La bataille des primaires opposa Barry Goldwater, représentant de la faction conservatrice, et Nelson Rockefeller, représentant de la faction modérée. Plus qu’un choix de candidat, il s’agissait de choisir la ligne du parti Républicain dans un pays alors secoué par la question des droits civiques et de la guerre du Vietnam, et à peine remis de l’assassinat de John F. Kennedy. Barry Goldwater ne s’imposa que lors des primaires du 2 juin en Californie. Le candidat démocrate, Lyndon Johnson, remporta l’élection avec une large avance.

Les élections de 1976, qui suivirent le scandale du Watergate et la démission de Richard Nixon, opposèrent dans le camp républicain le Président sortant, Gerald Ford, et Ronald Reagan, le leader populaire de l’aile conservatrice du parti. Le Parti Républicain fut très divisé par des primaires qui s’éternisaient et par un combat féroce entre Reagan et Ford, au point que le choix du candidat n’était toujours pas tranché au moment de la Convention nationale en juin. Ford fut finalement nommé, et perdit l’élection générale contre Jimmy Carter.

En 1984, Ronald Reagan, Président sortant, n'avait pas d'adversaire dans son parti. Aussi, tout s'est joué du côté démocrate entre Walter Mondale, l’ancien Vice-Président de Jimmy Carter et le favori des primaires, Jesse Jackson, le défenseur des droits civiques, et Gary Hart, qui se présentait comme un démocrate modéré et candidat du renouveau. Jesse Jackson se retira assez rapidement, mais Hart remporta des primaires décisives, le permettant d’émerger comme un sérieux concurrent à Mondale. La bataille entre les deux candidats fut âpre, et ne se termina qu’en juin, à quelques jours de la Convention, par la victoire de Walter Mondale. Ce dernier perdit l’élection face à Reagan.

Le point commun entre ces différents exemples est frappant : le parti qui est confronté à des primaires très disputées est défait lors de l’élection générale. S’il ne faut pas voir ici une situation inexorable, des primaires interminables sont souvent symptomatiques d’un véritable débat de fond quant à l’orientation à donner au parti ou la définition d’une ligne claire. Les débats entre les candidats sont souvent le reflet des profondes divisions entre militants et entre élus. Alors que la nécessité est plutôt de ressouder un parti qui se cherche, les divisions entre factions exacerbent les tensions entre les candidats durant les primaires.

En outre, de longues primaires sont pénalisantes pour la future équipe de campagne du candidat : le retard dans la mise en place de l’équipe en charge de la campagne générale, dans une campagne hautement médiatisée qui laisse peu de place à l’amateurisme et au manque de préparation, peut largement hypothéquer les chances de victoire du parti.

Enfin, les questions financières, qui sont d’une importance capitale, deviennent un enjeu de taille pour le parti qui, du fait des longues primaires, doit solliciter à de nombreuses reprises les donateurs. La prolongation du combat, souvent, comme on le voit actuellement, à coup de publicités négatives, épuise et lasse les donateurs.

La confrontation entre Hillary Clinton, candidate expérimentée issue de l’establishment washingtonnien, et Barack Obama, porte-drapeau d’une nouvelle génération politique, reflète la césure au sein du parti Démocrate. Au point que 30% des supporters d’Hillary refuseraient de voter pour Obama s’il était choisi, et 22% des supporters d’Obama refuseraient de voter pour Hillary.

Les prochaines primaires ne permettront pas de départager mathématiquement Barack Obama d’Hillary Clinton. L’objectif pour les deux candidats est aujourd’hui de montrer lequel des deux est le mieux placé pour battre John McCain en novembre prochain, afin de rallier à eux le plus grand nombre de superdélégués.

Les résultats de la plupart des prochains Etats amenés à tenir leurs primaires risquent de ne pas trop créer de surprise : la Caroline du Nord, l’Oregon, le Montana ou le Dakota du Sud sont plutôt donnés favorables à Barack Obama, tandis qu’Hillary Clinton est avantagée en Virginie Occidentale, au Kentucky ou à Puerto Rico. Le dernier Etat clé, où l’indécision est la plus grande, est l’Indiana. Hillary Clinton y était jusqu’à il y a peu donnée favorite, mais Barack Obama voit sa popularité grandir dans cet Etat du Midwest considéré comme un bastion conservateur, et rattrape ainsi son retard dans les sondages.

Une victoire d’Obama dans l’Indiana pourrait permettre de trouver une issue avant juin, date limite fixée par Howard Dean, président du parti Démocrate. Ce dernier, qui craint les effets dévastateurs pour le parti que pourrait avoir une campagne jusqu’en août, a décidé que l'un des deux candidats devra abandonner la course à l'investiture pour la présidentielle après les primaires de juin pour permettre d'unifier le parti et de remporter le scrutin de novembre.

La paradoxe, dans cette campagne réputée « imperdable » pour les démocrates suite à deux mandats d’un George W. Bush à la côte de popularité au plus bas, serait finalement de voir un parti avec deux excellents candidats perdre face au moins mauvais des candidats républicains.

Source : http://www.iris-france.org/Tribunes-2008-05-05.php3

mardi 11 mars 2008

Les Démocrates déchirés, les Républicains lancés par Charlotte Lepri

Par Charlotte Lepri, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). (IRIS, 7 mars 2008)

Alors que les primaires du Texas, de l’Ohio, du Rhode Island et du Vermont ont définitivement garanti à McCain la candidature républicaine, elles ont en revanche confirmé le déchirement des électeurs démocrates entre deux candidats d’exception. Le choix entre deux personnalités atypiques, qui, quoi qu’il en soit, constitueront toutes deux une évolution dans le paysage politique américain, est un des plus grands dilemmes que le camp démocrate ait eu à affronter.

Hillary Clinton partait grande favorite de cette élection, mais elle a été prise au dépourvu par l’ampleur du phénomène Barack Obama, inconnu il y a encore peu. Eloquent et charismatique, Barack Obama est parvenu en quelques mois à créer autour de lui une véritable dynamique entretenue par des militants très motivés, les médias et internet. En peu de temps, il a réussi à faire passer Hillary Clinton pour un symbole de l’establishment whashingtonnien alors qu’elle n’a, faut-il le rappeler, des fonctions d’élue que depuis huit années. Bien plus, la perspective d’élire une femme à la Maison Blanche, qui constitue déjà une avancée formidable des mentalités, a été « ringardisée » par la perspective de voir un jeune métis à la tête des Etats-Unis.

Depuis le Super Tuesday du 5 février dernier, Barack Obama accumulait les victoires et confirmait son « big momentum ». Il a bénéficié en outre d’un traitement bien plus favorable dans les médias, américains et étrangers, qu’Hillary Clinton. Mais, coïncidence fâcheuse pour Barack Obama, ce manque d’impartialité, cet engouement pour le Sénateur de l’Illinois, a été mis en lumière juste avant l’élection de mardi dernier. De plus, cette situation confirme que la position de « favori » n’est pas forcément un avantage et que les électeurs sanctionnent rapidement les excès de confiance dont peuvent faire preuve les candidats (Rudy Giuliani, Hillary Clinton et Barack Obama).

De fait, il est encore aujourd’hui impossible de prédire qui des deux candidats représentera le camp démocrate à l’élection présidentielle. Mardi dernier, Hillary Clinton a certes gagné trois Etats sur quatre, mais Barack Obama conserve toutefois son avance en termes de délégués. En effet, au choix déjà difficile qu’ont à faire les électeurs démocrates s’ajoute une particularité technique dans le décompte des voix. Contrairement aux primaires républicaines, où le candidat qui remporte le vote populaire remporte tous les délégués de l’Etat, la répartition des délégués démocrates se fait à la proportionnelle, rendant plus incertaine encore l’issue finale.

Si elle n’a pas totalement renversé la tendance, Hillary a toutefois su montrer sa ténacité et sa combativité. Ces qualités pourraient jouer en sa faveur auprès des quelques 800 Super-délégués qui pourraient être amenés à jouer un rôle décisif dans le choix du candidat en août prochain à la Convention nationale du Parti. Ces Super-délégués, qui ont la particularité de ne pas être élus et de ne pas être officiellement engagés en faveur d’un candidat particulier jusqu’à la Convention, sont des membres du Congrès, des gouverneurs, des anciens présidents et vice-présidents, des membres éminents du parti démocrate. Si aucun des candidats ne s’est clairement démarqué d’ici août prochain, alors les Super-délégués pourraient faire basculer l’élection primaire dans un sens ou dans un autre.

Une dizaine d’Etats n’ont pas encore tenu leurs primaires, mais cela suffira-t-il à faire émerger clairement le futur candidat démocrates ? Beaucoup en doutent. C’est donc une bataille de longue haleine qui attend Hillary Clinton et Barack Obama jusqu’en août prochain date de la Convention démocrate à Denver qui scellera le sort final du candidat démocrate. Dans les primaires à venir, chaque voix, chaque délégué, chaque Etat vont compter, et sans nul doute, cette guerre fratricide laissera des marques.

Reste le cas des Etats du Michigan et de la Floride, qui pourraient devenir la clé du scrutin. A eux deux, ces Etats représentent plus de 300 délégués, mais ces délégués sont pour l’instant exclus de la Convention démocrate et n’ont donc pas le droit de voter pour choisir leur candidat. Le Michigan et la Floride avaient en effet voulu, malgré l’opposition du Parti démocrate, avancer les dates de leurs primaires pour peser davantage et s’assurer une plus grande visibilité médiatique dans la campagne. Le vote dans ces Etats a en réaction été invalidé par le Parti. Or, Hillary Clinton est arrivée largement en tête dans ces deux Etats. L’élection étant très serrée entre les deux candidats, la décision de réintégrer ou non les délégués du Michigan et de la Floride pourrait renverser la donne, aux dépens de Barack Obama, qui avait décidé de ne pas faire campagne dans ces Etats. Si aucun compromis n’est trouvé pour décider du sort de ces délégués, il reviendrait alors à la commission d'accréditation de la convention nationale de Denver de trancher.

Dans cette primaire démocrate, le véritable gagnant est finalement John Mc Cain. Le candidat républicain, en qui personne ne croyait il y a encore quelques mois, est le principal bénéficiaire du duel interminable dans le camp démocrate. Il peut d’ores et déjà se lancer dans une campagne nationale, prenant ainsi une bonne longueur d’avance sur son futur concurrent.

Source : http://www.iris-france.org/Tribunes-2008-03-07.php3